Rupture conventionnelle
Délai de rétractation, indemnité minimale, homologation : la procédure complète.
Mode amiable de rupture du CDI. Procédure : un ou plusieurs entretiens préalables, signature d'une convention, délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis homologation par la DREETS dans un délai de 15 jours ouvrables. L'indemnité versée ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Le salarié bénéficie de l'allocation chômage. La rupture conventionnelle ne peut être imposée sous pression ni dans un contexte de harcèlement.
Licenciement pour motif personnel
Motif réel et sérieux, procédure stricte, indemnité légale.
Repose sur un motif réel et sérieux lié au comportement ou à l'insuffisance du salarié. Procédure : convocation à entretien préalable (délai minimum de 5 jours ouvrables avant l'entretien), entretien, notification écrite du licenciement au moins 2 jours ouvrables après. Le motif réel et sérieux est apprécié par le juge en cas de contestation. Indemnité légale due selon l'ancienneté, sauf cas de faute grave ou lourde.
Licenciement économique
Critères d'ordre, reclassement, PSE selon l'effectif.
Suppose une cause économique réelle : difficultés économiques, mutations technologiques, réorganisation pour sauvegarder la compétitivité, cessation d'activité. Critères d'ordre obligatoires (charges familiales, ancienneté, situation personnelle, qualités professionnelles). Obligation de reclassement préalable. À partir de 10 salariés sur 30 jours dans une entreprise d'au moins 50 salariés, mise en place obligatoire d'un PSE. Procédure stricte avec consultation du CSE.
Licenciement pour faute grave
Pas de préavis ni indemnité — mais la faute doit être prouvée.
La faute grave rend impossible le maintien du salarié dans l'entreprise pendant la durée du préavis. Pas de préavis, pas d'indemnité de licenciement. La preuve incombe à l'employeur, et la procédure doit être engagée rapidement après la connaissance des faits. Une mise à pied conservatoire est possible. La faute lourde (intention de nuire) ouvre en outre droit à des dommages-intérêts pour l'employeur.
Licenciement pour inaptitude
Avis du médecin du travail, obligation de reclassement, indemnité spécifique.
Déclenché par un avis d'inaptitude du médecin du travail (articles L. 1226-2 et suivants). L'employeur doit chercher un reclassement, sauf mention expresse contraire dans l'avis (« tout reclassement serait gravement préjudiciable à la santé »). À défaut de reclassement possible, le licenciement est notifié dans le mois suivant l'avis, faute de quoi le salaire reprend. Indemnité spécifique en cas d'inaptitude d'origine professionnelle.
Démission
Volonté claire et non équivoque. Préavis selon CCN.
Acte par lequel le salarié manifeste sa volonté claire et non équivoque de rompre le CDI. Le préavis dépend de la convention collective et de l'ancienneté. Pas d'indemnité légale de rupture. Une démission donnée sous pression ou dans un état émotionnel exceptionnel peut être requalifiée en prise d'acte aux torts de l'employeur. Pas de droit aux allocations chômage, sauf cas de démission légitime reconnu.
Préavis (CDI)
Durée selon ancienneté et CCN. Dispense, indemnité compensatrice.
Période entre l'annonce de la rupture et son effet. Durée fixée par la convention collective ou la loi : 1 mois après 6 mois d'ancienneté, 2 mois après 2 ans pour les non-cadres, souvent 3 mois pour les cadres selon la CCN. L'employeur peut dispenser le salarié d'exécuter le préavis ; il verse alors l'indemnité compensatrice de préavis. La rupture pour faute grave ou lourde supprime le préavis.
Indemnité de licenciement
Calcul minimum légal selon l'ancienneté.
Indemnité minimale légale (article L. 1234-9) : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Calculée sur la moyenne des 12 ou des 3 derniers mois, selon la formule la plus avantageuse. La convention collective peut prévoir un calcul plus favorable. Due en cas de licenciement, sauf faute grave ou faute lourde du salarié.
Indemnité de rupture conventionnelle
Au moins égale à l'indemnité légale de licenciement.
Doit être au minimum égale à l'indemnité légale de licenciement. Peut être plus élevée selon négociation. Exonérée de cotisations sociales et d'impôt dans certaines limites (forfait social, plafond annuel de la sécurité sociale). Versée à la date de rupture mentionnée dans la convention homologuée. La convention collective peut prévoir un calcul plus favorable.
Solde de tout compte
Liste exacte des sommes dues. À vérifier ligne à ligne.
Document remis au salarié à la rupture, listant l'ensemble des sommes versées : dernier salaire, indemnités de rupture, indemnité compensatrice de congés payés, prime, solde de RTT, etc. À vérifier ligne à ligne avant signature. La signature ouvre un délai de contestation limité de 6 mois. Sans signature ou avec mention « sous réserve », le délai de prescription pour les salaires est de 3 ans.
Reçu pour solde de tout compte
Délai de contestation : 6 mois à compter de la signature.
Document signé par le salarié reconnaissant avoir reçu les sommes mentionnées. Effet libératoire pour les sommes y figurant, à condition d'être dénoncé dans les 6 mois suivant la signature (article L. 1234-20). Sans dénonciation dans ce délai, le salarié ne peut plus contester les sommes listées. Une signature « sous réserve » conserve les droits du salarié pour les sommes contestées.
Mise à pied conservatoire
Mesure d'attente avant sanction. Pas une sanction en soi.
Mesure prise dans l'attente d'une sanction disciplinaire grave. Le salarié est écarté immédiatement du poste, sans rémunération pendant la période. Doit être suivie d'une procédure disciplinaire engagée rapidement. Si la sanction finale est inférieure à un licenciement (avertissement, blâme), la mise à pied perd son fondement et le salaire est dû rétroactivement. À distinguer de la mise à pied disciplinaire, qui est elle-même une sanction.